Crash Bandicoot

Jaquette de crash bandicoot ps1 Crash Bandicoot – Playstation / PS1

Suivant de très près la sortie du génial Mario 64, Crash Bandicoot est le projet un peu fou de Naughty Dog ayant pour but de surfer sur la vague Mario / Sonic tout en donnant à la toute jeune Playstation sa mascotte officielle, tout en faisant rentrer la nouvelle console dans la cour des grands. 

Vers la création d’une mascotte pour bébé Playstation

andy gavin et jason rubin avec crash bandicoot

Andy Gavin, Jason Rubin et leur plus belle réussite…

Lorsque Sony lance sa Playstation pour Noël 1994, malgré un grand renfort de publicités et encarts dans les magazines (voir notre rétrospective des pubs de consoles retro) et d’un budget à faire pâlir les pays en voie de développement, la console reste un petit poucet se jetant corps et âme dans une bataille dominée par deux géants, Nintendo et Sega.

Si je vous dit “Nintendo”, vous verrez assurément l’image de Mario se générer dans votre tête de gamer assidu. De même pour Sega et son porte-drapeau Sonic, ou même les crocodiles d’Amiga ! Mais pour Playstation, aucun ouvrier immigré ou animal transgénique du Bois de Quat’sous pour représenter la marque. Et les mascottes, ça pèse dans le marketing; il suffit de voir les ignobles êtres difformes que certains génies de l’arnaque créent à l’occasion de chaque grand évènement sportif mondial… RIP Footix, Izzy ou les pauvres Sphériks des JO de Corée…

Un des studios qui monte à ce moment, c’est Naughty Dog, qui ont déjà donné quelques jeux à manger à l’Amiga, la Mega Drive ou la 3DO. Ayant signé un contrat de plusieurs jeux avec Universal Interactive Studios, les fondateurs du “vilain chien”, Jason Rubin et Andy Gavin, décident d’abandonner les anciennes consoles 16 bits pour s’engouffrer entièrement dans ce nouveau segment qu’ouvrait alors Playstation, mais surtout de ne pas laisser passer l’immense opportunité de créer la mascotte de ce qui deviendra une des consoles leader du marché du jeu vidéo.

Le “cul de Sonic”… mais avec un jean

Observant que, grâce aux nouveaux processeur des consoles de la génération “32 bits” et “64 bits”, les éditeurs de jeux allaient se jeter sur l’exploitation de la 3D, parfois à outrance. Pourtant, Gavin et Rubin ne souhaitaient pas non plus mettre de côté l’opportunité de surfer sur le genre le plus populaire de l’époque 16 bits : la plate-forme. Mario, Sonic mais aussi Earthworm Jim, Aladdin ou même Contra 3, tous ces jeux populaires utilisaient la plate-forme en vue latérale “2D”.

Mario, Sonic et megaman sur console 16 bits

Mario, Sonic, Megaman… Les grandes gloires de la 16 bits se faisaient en général sur plate-forme.

Le génie de Naughty Dog a été de combiner ce qui a fait la gloire de la génération SNES avec la modernité de la Playstation, pour toucher trois types de gamers : les technophiles qui ne demandaient qu’à découvrir de la nouveauté, les gamers fraîchement arrivés sur nouvelle générations et gardant encore en eux les séquelles de plusieurs années sur 16 bits, et les “persistants” qui restaient encore froids à l’idée de délaisser leurs vieilles cartouches au profit du CD-Rom.

Et quand on voit le succès incontesté qu’à connu Mario 64, on comprend à quel point Naughty Dog a misé juste ! Mais il lui restait encore à trouver le bon concept.
Ce concept, il l’a nommé “Sonic’s Ass Game”, littéralement “le jeu du cul de Sonic”. Pourquoi ce nom étrange ? Simplement que la transition avec ce futur jeu serait de ne plus voir Sonic de côté, mais bien de dos… et donc de voir d’avantage ses fesses.

Premiers croquis de Crash bandicoot

Les croquis originaux de Crash rappellent indéniablement les traits d’un certain personnage glouton…

Préférant éviter l’amalgame avec un certain plombier italien, Gavin et Rubin préfèrent partir sur le concept d’un animal anthropomorphique, à la manière d’un Sonic (d’où le terme de Sonic’s Ass Game). Egalement inspirés par les cartoons Warner, les deux acolytes s’inspirèrent également très fortement du personnage de Taz (comme le prouve les premiers croquis de Crash ci-dessus). En s’inspirant des animaux endémiques d’Océanie, tels que le Potoroo, le Wombat ou le Bandicoot, Naughty Dog s’offrait quelques largesses envisageables avec des animaux quasi-inconnus, dont l’aspect et les caractéristiques étaient encore malléables. D’ailleurs, c’est d’abord le projet “Willie the Wombat” qui a été retenu, pour finalement devenir “Crash the Bandicoot” puis le “Crash Bandicoot” que nous connaissons… bien des mois après.

Inspirations des personnages de Crash Bandicoot PS1

Ca paraît d’office plus clair là, non ?…

On retrouvera d’ailleurs de nombreuses inspirations venue des différents arts : le méchant Néo Cortex tient son nom, la morphologie particulière de son crâne et son envie de “conquérir le monde” à Cortex, la diabolique souris géniale de la Warner. La dulcinée de Crash, Tawna, tient par contre sa blondeur et sa plastique avantageuse à une certaine Playmate qui portait très bien le maillot de bain rouge à la fin des 90’s… mais Naughty Dog l’a heureusement voulue plus futée !

De la plate-forme 2D à la 3D

Une fois le marketing posé, il ne reste plus qu’à faire ce que des développeurs de jeux sont sensé faire le mieux : développer. Les possibilités offertes par les nouvelles consoles explosent les gameplays; c’est le moment pour Naughty Dog d’affirmer leur nouveau héros, d’en faire une mascotte pour la Playstation, et pourquoi pas d’en faire un jeu à succès…

Tawna copine de crash bandicoot

C’est pour la belle Tawna que Crash retournera défier Neo Cortex

Le personnage de Crash essaye de se démarquer de ses “alter-ego” célèbres, même s’il doit lui-aussi sauver sa belle. Un scénario simple mais efficace lance le joueur sur le jeu : Crash est originellement un paisible animal exotique que le génie maléfique de Neo Cortex et de son bras droit Nitrus Brio ont transformé en bestiole intelligente (plus ou moins), mais qui permet surtout à Naughty Dog de pouvoir expliquer sa forme anthropomorphique, ses mimiques humaines, sa ressemblance peu frappante avec l’apparence véritable du Bandicoot… et probablement pourquoi il porte un jean !

Foutu à la porte car non-viable, Crash va tout de même retourner dans l’enfer qui l’a vu naître une deuxième fois pour délivrer un autre sujet d’expériences, celui-ci encore emprisonné : la belle Tawna Bandicoot. Ce personnage, qu’on ne reverra plus jamais, laissera place dans tous les opus suivants à Coco Bandicoot, la sœur geek de Crash. Probablement que Crash était un mauvais coup et que la pulpeuse blonde s’est barrée avec un riche saoudien de passage en yacht.

Reste que la 3D et la vue par derrière offre bien plus de possibilités : plus seulement une évolution de gauche à droite et des sauts qui ne devaient être ajustés uniquement sur la longueur. Maintenant, il faut également gérer la profondeur et l’orientation, difficulté inconnue du gamer de la fin des 90’s.

attaque tornade de crash bandicoot

L’attaque tornade de Crash deviendra sa marque de fabrique

Néanmoins, nous en sommes encore aux balbutiements d’un jeu de plate-forme 2D, a fortiori avec la création d’une nouvelle licence. Pourtant, Crash innove avec des mouvements et des éléments novateurs. Les ennemis ne s’éliminent plus uniquement avec le trop exploité saut sur la tronche, mais également une drôle d’attaque “tornade” qui rappellera, encore une fois, le Taz de Warner.
Mais pour ceux qui, comme moi, ont essoré la licence de long en large (du moins jusqu’au quasi-catastrophique épisode PS2, correspondant avec l’abandon de Crash par ses inventeurs), le retour sur l’épisode original est dur : Crash saute, tourne… et c’est tout. Pas de bazooka, ni de triple tornade, et encore moins de plaquage aérien, pourtant tellement pratique pour casser plusieurs caisses d’un coup !

Le nouvel univers de la plate-forme

Le pari de Rubin et Gavin de créer un tout nouveau jeu de plate-forme semble réussi. Le personnage de Crash est original, charismatique, et, quoi qu’en disent les Fanboys Nintendo, loin d’être une pâle copie de Mario. Le maniement du marsupial est bien différent, et tout le jeu semble plus dynamique, sans être épileptique comme un Sonic a pu l’être.

Niveau Boulder dash dans crash bandicoot PS1

Les niveaux comme ceux des “poursuites” participeront à l’originalité de la licence Crash

L’environnement proposé par Naughty Dog est d’ailleurs totalement novateur : Crash Bandicoot évolue dans un environnement tropical, entre 3 îles qui varient les décors : plages, forêts tropicales, laboratoires ultra-modernes ou ruines amérindiennes abandonnées, on s’amuse à découvrir le thème du prochain niveau. Surtout que Naughty Dog a très savamment géré la 3D avec des dimensions variées : si la plupart des niveaux se font avec Crash de dos, on retrouvera des niveaux en vue latérale classique, mais également les célèbres niveaux où Crash est poursuivi (par un rocher, plus tard par une bête sauvage dans La Revanche de Cortex ou Warped) !

Néanmoins, on retrouve tout de même des éléments bien connus subtilement cachés : les caisses en bois avec un point d’interrogation peint dessus, les ennemis-tortues… C’est ainsi que Gavin & Rubin ont très intelligemment introduit leur nouveau héros dans un monde relativement codifié, sans pour autant balancer une pâle copie sans saveur de ce qui a déjà été fait.

Une difficulté à la carte

À la différence de certains jeux de plate-forme des 16 bits qui pouvaient entraîner des crises de nerfs dévastatrices et autres Ragequits qu’on regrette vite, Crash Bandicoot n’est pas vraiment difficile, du moins pour l’aficionado de la plate-forme ayant déjà tâté de la 3D. On devine que la prise en main ne devait être ardue après des dizaines d’heures passées avec une vue latérale unique.

Niveau bonus Nitrus Brio dans Crash bandicoot 1

Si ça pète de partout et que ça regorge de bonus… Bravo, c’est bien un Bonus Brio ou Cortex !

Néanmoins, Naughty Dog a un peu corsé le jeu avec quelques détails. Premièrement, impossible de sauvegarder à sa guise : la sauvegarde devait être gagnée après avoir trouvé 3 icône “Tawna” dans le niveau, et avoir réussi le mini-niveau bonus du premier coup. Sinon, vous étiez bon pour vous retaper le niveau ou… espérer réussir le Bonus Stage du prochain niveau !
Il en sera d’ailleurs de même avec les niveaux Bonus “Brio” et “Neo Cortex”, qui vous donneront des éléments nécessaires pour finir le jeu à 100%, mais dont la difficulté est bien plus élevée que les bonus “Tawna” ! L’échec dans ces mini-niveau ne vous laissera plus qu’une chose à faire : refaire tout le niveau principal, ramasser à nouveau les 3 icônes et tenter à nouveau votre chance. Et là, le retour du Ragequit devrait se faire sentir !

Gemme bleue dans crash bandicoot 1 PS1

Certaines gemmes serviront d’ascenseur vers des parties secrètes

Élément qui restera dans la série, les gemmes s’obtiendront dans ce premier opus uniquement sur certains niveaux, en en trouvant et brisant toutes les caisses. Certaines gemmes diffèreront par leur couleur (les gemmes “basiques” étant blanches) et serviront à atteindre des zones habituellement inatteignables de certains niveau afin d’en récupérer les dernières caisses et… enfin obtenir la gemme.

Une fois les gemmes et les clés secrètes récupérées, il ne vous restera qu’à vous rendre dans le niveau “The Great Hall” (qui devait vous paraître bien petit sans les gemmes…) pour finir Crash Bandicoot à 100%. Bravo, vous avez été atteints de la Crashite aigüe, et vous êtes prêts à en ch*er comme un forçat pour finir les deux opus suivants, bien moins simples, plus vicieux et surtout… qui terminent au-delà de 100% !

Crash Bandicoot, le pari réussi de Naughty Dog

Crash Bandicoot, Croc, Sonic, Mario et Spyro mascottes

Crash accèdera facilement au panthéon des mascottes du jeu vidéo.

Crash Bandicoot premier du nom est donc un pari plus que réussi, puisque le jeu a plu puisqu’il a remplacé haut-la-main le pauvre Sonic, qui tomba un peu en désuétude avec le crash (huhuhu) de Sega, en tant que rival de Mario. Le personnage accroche également les gamers en devenant effectivement une des mascottes de la Playstation, et en entraînant une longue série de jeux de la licence, qui devient une des références parmi les exclusivités de la console aux 1000 CD-Rom.

Surtout, a contrario de certains jeux de PS1 qui sont devenus soit injouables (Syphon Filter m’a refilé la gerbe en 10 min chrono… comment faisait-on à l’époque ?), soit ennuyeux compte-tenu d’un gameplay pauvre, Crash Bandicoot reste une valeur sûre, qui reste parfaitement jouable, même aujourd’hui, et avec beaucoup de fun d’ailleurs ! Par contre, on vous conseille de les faire dans l’ordre… certains mouvements peuvent vite manquer dans le cas contraire !

D’ailleurs, si comme moi vous regrettez le petit marsupial océanien, n’hésitez pas à lire notre dossier complet sur les jeux Crash Bandicoot de la PS1… les seuls vrais d’ailleurs ! 😉

Tu as aimé cet article ? Alors retrouve notre dossier complet sur les jeux Crash Bandicoot sur PS1 !

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Informations techniques

Éditeur : Universal Interactive Studio
Développeur : Naughty Dog
Date de sortie : novembre 1996
Nombre de joueurs : 1 joueur
Style de jeu : Plates-formes

Durée du vie : Environ 6 à 7 h pour l’histoire, 10h en complet
Prix au 09/12/2015 : 7€ en loose, 15€ en complet

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Auteur: Mathieu

Gamer depuis mon enfance, j'ai pu voir passer de nombreuses consoles et surtout, tellement de jeux ! Les heures que j'ai pu gâcher sur les manettes ne l'étaient finalement peut-être pas : elles ont permis de me créer des souvenirs, des sensations et une belle ludothèque de jeux considérés aujourd'hui comme rétro, mais qui gardent toujours une formidable qualité et offrent de géniales expériences que je vous propose de partager avec ce blog !

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