The Messenger

jaquette du jeu video retro de ninja the messenger sur switch steam

The Messenger – Steam /  PC  /  Switch

Figure très appréciée des gamers dans les années 80 et 90, le Ninja est un peu tombé en désuétude malgré quelques belles licences ayant (ou ayant eu) la vie longue. S’inspirant ouvertement des meilleurs jeux du genre, The Messenger proposé par le studio québecois Sabotage Studio et édité par Devolver semble vouloir faire revivre la gloire vidéoludique passée de ces assassins d’élite craints dans tout l’empire du Soleil Levant… et bien plus

loin.

scene introduction ninja gaiden 1988

Ninja Gaiden avait ouvert la voie aux jeux du genre dès 1988.

Merci au cinéma des années 80, la figure du Ninja, cet assassin japonais fascinant et mystérieux, devient une thématique très récurrente dans les arts visuels, dont les jeux vidéo avec (notamment) l’arrivée de deux jeux qui ont marqué leur époque : Ninja Gaiden (appelé aussi Shadow Warrior, 1988) et Shinobi (1987) et qui donneront naissance à des séries de jeux à succès. Plus tard, d’autres jeux profitent de l’héritage de ces deux séries pour faire leur place, tels que Tenchu (1998) ou d’autres jeux ayant connu moins de succès tels que Ninja : l’Ombre des Ténèbres (1998). Avec la désuétude des films de Ninja, l’industrie du jeu vidéo a logiquement suivi même si quelques licences telles que Ninja Gaiden et Shinobi ont tenté la résistance.

Avec le retour en force de la culture japonaise à travers les mangas, l’animation ou plus globalement de l’ouverture du pays nippon au reste du monde, l’Occident redécouvre à nouveau ces fiers guerriers au katana, au cinéma comme dans le jeu vidéo, notamment avec le récent blockbuster Sekiro ou le plus discret mais pas moins efficace The Messenger.

Retour au fondements du virtual-Bushido

introduction du jeu the messenger 2018

The Messenger nous offre une rétro on-ne-peut-plus à l’ancienne

Vous lancez le jeu et, si vous n’aviez pas fouiné sur le web auparavant pour en apprendre plus sur les jeu, les premières secondes ne vous laissent aucun doute : avant même l’écran du menu, une “cinématique” composée d’artworks et de texte (qui nous rappelleront l’intro de Link to the Past ou… de Ninja Gaiden), soutenue par une musique bien saturée et aux basses abusives, nous annonce où nous allons. Il n’est pas ici question de jeu utilisant la 2D tout en se gavant sur les ressources de notre carte graphique, ni même d’un jeu Neo-Retro qui utilisera de faux graphismes à l’ancienne tout en étant soutenu par un moteur fluide au possible. C’est ici un véritable jeu rétro comme on aurait pu en trouver il y a 20 ans.

marchand parle de john gaiden dans the messenger sur ps4

The Messenger ne cache nullement ses illustres inspirations…

S’inspirant ouvertement des gloires du jeu de ninja de l’époque (le premier passage à la boutique nous le confirme), The Messenger reprend tout ce qui avait fait la renommée de ces jeux : un gameplay alternant entre action et plates-formes, un inventaire simple mais efficace, des mouvements spéciaux qui se débloqueront au fur et à mesure de l’aventure pour la rendre plus ardue mais aussi plus intéressante.

Le scénario suit également les traces des ninja-games des 80’s/90’s : dans un monde dévasté par une invasion démoniaque, un clan de survivant s’est retranché à l’extrême Ouest du monde et s’entraîne sans relâche pour contrer un retour des hordes de l’enfer. Un jeune Ninja s’ennuie néanmoins dans ce village où rien ne se passe.

le roi des démons dans le jeu the messenger sur switch

Le Roi des Démons a l’air chaud de tout bousiller.

Jusqu’à ce que (comdeparhazar) le roi des démons surgisse soudain avec ses acolytes et dévaste le village. Heureusement (comdeparhazar bis), le “héros de l’Ouest” dont parlent les légendes surgit également sur son phénix et repousse le roi des démons, permettant au chef du village et au jeune Ninja de s’en sortir vivants. Le Héros de l’Ouest charge néanmoins le jeune Ninja d’une mission cruciale : aller porter un mystérieux parchemin au sommet de la plus haute montagne du monde. Très God of War tout ça.

Un Ninja contre les hordes de démons

Le jeune Ninja (qui n’a pas de nom) part donc à l’aventure, un peu perdu mais heureux de pouvoir sortir de son quotidien ennuyeux. S’il ne débute l’aventure qu’avec son katana et une technique ancestrale de son clan, le saut-nuage, qui vous fera probablement hurler quelques fois : après avoir donné un coup dans un ennemi ou une lanterne, vous pourrez effectuer un second saut pour vous élever encore plus haut dans les airs. Pas facile à maîtriser.

arbre des capacités de la boutique de the messenger sur pc steam

La boutique vous offrira d’acheter des améliorations de santé ou de capacités

Heureusement, vous tombez rapidement dans une mystérieuse boutique tenue par un encore plus mystérieux marchand dont la toge et la capuche ne laissent transparaître que ses yeux rougeoyants. Ce dernier semble néanmoins être amical et vous proposera non-seulement d’améliorer vos capacités en échange de cristaux (plus de vie, de shurikens ou d’autres bonus bien pratiques) mais également de vous renseigner sur la zone actuelle et son boss. Mais toujours avec humour, et voici un des points qui font de The Messenger un jeu qui réinvente admirablement le style.

En effet, toute l’aventure sera portée par un humour constant, délicat et toujours bien amené. Les échanges avec le marchand, ce dernier étant particulièrement cynique et jouant copieusement de la naïveté du ninja, sont de véritables régals (en particulier ses “petites histoires”). Les boss et autres PNJ ne manqueront pas de vous balancer de savoureuses vannes au point que toute l’aventure vous semble bien plus légère. Si le scénario ne nous transcende pas par son originalité (même si, il faut l’avouer, un “plot twist” arrivant au bon moment redonne du mordant à l’aventure), on se régale à échanger avec les PNJ, les boss, le marchant et même… avec ce bon vieux Kazimodo, dont nous parlerons dans les prochaines lignes.

Exigence du Shinobi, indulgence du Yokaî

Boss golem de la caverne dans le jeu the messenger sur steam

Les boss seront souvent impressionnants, mais pas forcément difficiles à battre pour autant.

Vous avez peut-être entendu dire que The Messenger est difficile; je rectifierai en disant que le jeu de Sabotage Studio est exigeant. Soyons réalistes, le jeu ne vous demande pas une patience à toute épreuve : les ennemis sont assez faibles et peu dangereux. Un seul coup de katana ou de shuriken vous suffit généralement à vous en débarrasser, et le seul ennemi nécessitant 3 coups est lent et dangereux comme un paresseux endormi. On en profite par contre ici pour souligner le retour d’un principe qu’on n’avait pas vu depuis longtemps : le respawn des ennemis hors-champ !

Les boss sont bien pensés et variés, mais une fois les patterns assimilés et le point faible décelé, les battre n’est qu’une question de dextérité. Enfin, pas d’énigme très prononcée, hormis la chasse aux Sceaux de Pouvoir (on en parlera).

tour du temps the messenger ps4

Certaines zones de plates-formes demanderont beaucoup d’adresse !

Là où le jeu se montre exigeant, c’est plus sur les phases de plates-formes. En effet, la plupart des items obtenus vous serviront à vaincre de nouveaux passages et non de battre des ennemis déjà très faibles (qui ne serviront finalement que d’obstacles pour la plate-forme). Certain passages vous demanderont donc d’enchaîner plusieurs capacités de manière assez précise pour en venir à bout. Si on souligne que les checkpoints sont assez espacés, vouloir passer trop vite une zone risque justement d’allonger la durée que vous y passerez. Soufflez donc, concentrez-vous et souvenez-vous de vos années passées au dojo… ou sur n’importe quel autre terrain de sport.

Là où Sabotage Studio a eu beaucoup d’intelligence, c’est de ne pas être revenu sur le bon vieux système de Vies et Continues, héritages de la période Arcade. En effet, le système de vie n’était finalement que source de frustration en apportant une difficulté guère satisfaisante. Ici, à chaque fois que votre Ninja failli, un petit démon ni gentil ni méchant fait son apparition.

kazimodo petit diable de the messenger sur ps4

Kazimodo vous sauvera non sans vous vanner sur vos piètres performances

Kasimodo de son prénom n’a que faire des rixes entre démons et humains et pense avant tout à son propre business. Son pouvoir lui offre d’ailleurs de juteux contrats : il stoppe le temps juste avant la mort de votre héros et le ramène au moment du dernier checkpoint validé. Mais le petit briscard ne travaille pas gratos : à chaque résurrection, il vous suivra pendant un court temps au cours duquel il empochera tous les cristaux (monnaie du jeu) que vous ramassez. Ce système offre une alternative parfaite aux systèmes en vogue, en étant moins contraignant que les Vies et tout de même plus pénalisant qu’un simple respawn gratuit. Exigence on vous dit.

La durée de vie en bonus track

<– ATTENTION : CETTE SECTION CONTIENT DES SPOILS SUR LE SCENARIO DU JEU –>

Une fois que vous aurez accompli votre mission première, apporter le parchemin au sommet de la plus haute montagne, vous découvrez l’ultime et horrible vérité. S’ouvre alors une nouvelle destinée : devenir le nouveau héros de l’Ouest. S’ouvre alors une nouvelle étape du jeu : découvrir la cité céleste puis affronter le terrible général démon sur son terrain, le royaume infernal. Vous pouvez alors réaliser la prophétie en allant repousser le roi démon qui attaque le village des humains… comme il l’avait fait sur votre village, mille ans plus tôt.

Le roi des démons en 16 bits dans le jeu de ninja the messenger

Le Roi des Démons est de retours… et en 16 bit en plus !

Mais un évènement terrible brise la continuité temporelle et vous apprenez qu’il ne reste qu’une seule issue : devenir le dernier messager et clore les cycles en fermant définitivement la malédiction qui pèse sur le monde des hommes depuis bien trop longtemps. Aidé des anciens messagers devenus prophètes, vous reprenez votre tenue de Ninja, votre katana et vous remettez en route pour faire ce qui n’a jamais été fait par aucun messager : trouver les éléments qui vous permettront de mettre fin au règne du Roi des Démons.

The Messenger se définit ici comme un jeu moderne puisque contrairement à ses illustres prédécesseurs confinés dans leurs cartouches en plastique, le jeu de Sabotage Studio ne se limite pas à une durée de vie d’une poignée d’heures. Quand vous pensiez avoir terminé le jeu, celui-ci vous offre une toute nouvelle dimension, potentiellement plus longue même que la première partie du jeu ! Pour terminer entièrement la quête principale et les quêtes annexes (notamment la récolte des sceaux de pouvoir), comptez une quinzaine d’heures.

le prophète dans le jeu the messenger sur ps4

Dans votre quête, vous serez guidé par un prophète… stagiaire semble-t-il.

De plus, la “seconde” partie du jeu ne vous re-parachute pas dans le monde de The Messenger en vous redemandant de faire et refaire ce qui a déjà été fait. Non seulement le jeu devient plus intéressant avec l’apparition des portails vous permettant de passer d’une époque à une autre, mais ajoute également de nouveaux objets, de nouvelles possibilités mais aussi de nouveaux lieux ! Et que dire du plot twist graphique avec un intelligent passage entre des graphismes 8 bit pour la ligne temporelle originelle et 16 bit pour le futur. C’est intelligent, dynamique et tout simplement jouissif en exploitant le meilleur du retrogaming et de la modernité.

<– FIN DES SPOILS –>

L’excellence à la japonaise québecoise

Si The Messenger a fait du bruit, ce n’est visiblement pas pour rien. Encore une fois, Devolver Digital ne s’est pas trompé en travaillant avec un jeune studio visiblement très doué qui nous a offert un titre de qualité. Rares sont les titres Neo Retro à ne pas se limiter à utiliser des graphismes 2D pixellisés afin d’attirer un public de vieux retrogamers comme vous et moi. Non, ici on a un jeu qui s’inspire réellement de ce qui a été fait il y a presque 30 ans et le retranscrire parfaitement, tout en injectant une dose intéressante de modernité pour assouplir le jeu sans le dénaturer.

le niveau de la foret de bambous dans le jeu the messenger sur nintendo switch

Tout dans The Messenger satisfera les amateurs du genre !

Des graphismes plus d’agréable pour les nostalgique, un gameplay et une prise en main quasiment parfaits et totalement jouissifs pour ceux à qui manquent l’exigence des jeux de plates-formes, a fortiori de Ninjas, des années 80/90, de bonnes surprises et (j’ai failli oublier) une bande son aux petits oignons. Cela fait un moment qu’un jeu Neo Retro n’avait pas éveillé un tel sentiment en moi et pour pour cela je vais le dire sans concession : The Messenger un est must-have en puissance que vous ne pouvez ignorer si vous avez grandi avec Ninja Gaiden, Shinobi ou même Tenchu !

Merci à Sabotage Studio et Devolver pour l’exemplaire presse.

Les meilleurs prix pour The Messenger

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Informations techniques

Développeur : Sabotage Studio
Éditeur : Devolver Digital
Date de sortie : 30 août 2018 (Steam /Switch) / 19 mars 2019 (PS4)
Nombre de joueurs : 1 joueur
Style de jeu : Action / Plates-Formes
Durée de vie : Environ 15 heures en complet
Cote au 23/04/2019: 16,79€ sur Steam / 19,99€ sur PS4 et Switch

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Auteur: Mathieu

Gamer depuis mon enfance, j'ai pu voir passer de nombreuses consoles et surtout, tellement de jeux ! Les heures que j'ai pu gâcher sur les manettes ne l'étaient finalement peut-être pas : elles ont permis de me créer des souvenirs, des sensations et une belle ludothèque de jeux considérés aujourd'hui comme rétro, mais qui gardent toujours une formidable qualité et offrent de géniales expériences que je vous propose de partager avec ce blog !

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