Lone Survivor (Director’s Cut)

Dessin du héros du jeu Lone Survivor sur Playstation Lone Survivor – PSN (PS3 / Vita), PC

Si le cinéma ou encore le football font partie de ces secteurs qui démontrent que de (très) gros budgets ne font pas tout, le jeu vidéo se rajoute à cette liste avec quelques exemples bien marquants. Parmi eux, Lone Survivor, sorti en mars 2012, fruit du travail d’un seul homme : Jasper Byrne, une espèce de pieuvre touche-à-tout comme on en fait pas beaucoup de nos jours.

L’horreur en pixels XXL

Si Lone Survivor a l’honneur (ou le désarroi) de prendre place dans les lignes de Retro-Games.fr, c’est bien qu‘il y a du retrogaming dans ce jeu sorti il y a peu.

Lone survivor, jeu en pixel art

Sans faire vieillot, le design de Lone Survivor surprend

Le design est vraiment frappeur. Loin de la 3D ahurissant à laquelle on a droit de nos jours, Lone Survivor ne se limite pas non plus à revenir à une 2D colorée à la Super Nes, ou même le noir et blanc hachuré d’une Game Boy. Jasper Byrne eut l’idée d’introniser le Pixel Art dans son jeu, et on s’en sent autant dans l’œuvre d’un artiste que dans un jeu rétro qui ne nous donne pas non plus la sensation de revenir sur nos pas. En gros, du (très) neuf avec du vieux.

Bien sûr, ce choix graphique devait être volontaire, mais aussi imposé : difficile de faire dans la 3D hyper-réaliste si on a que quelques euros (ou livres sterling) dans son porte-feuille. Mais sans être non plus abusif, le pixel art utilisé rend véritablement une impression de nouveauté.

Si Byrne a économisé astucieusement sur le design graphique, il ne s’est pas pour autant limité sur les autres aspects de Lone Survivor, qui contient parfois plus d’idées et de professionnalisme que maint softs actuels au budget outrageux.

Un Survival Horror avec de la cervelle

Parce que l’organe qu’à le plus utilisé Byrne au cours de la réalisation de Lone Survivor, c’est probablement son cerveau d’avantage que ses mains.

Flashback du héros dans le jeu Lone Survivor

Certains flashbacks vous amèneront vraiment au coeur de l’horreur

Loin de certaines bouses proposées dernièrement dans la sphère du Survival Horror, dont Resident Evil 6 est certainement le fer de lance, Byrne a compris que quelques zombies et un flingue ne suffisent pas à faire un jeu de ce genre. Non, le gamer du XXIe siècle, arrosé de softs et autres films mettant en scène ce genre de topics angoissants est de plus en plus vacciné contre la pétoche aigüe. Maintenant, c’est sur le mental que ça se joue.

Bien loin d’un Resident Evil, c’est plutôt sur le segment d’un Silent Hill, ou même d’un Perfect Zero, que Lone Survivor s’inscrit. Du jeu psychologique, sombre, noir.

Finalement, il n’y a pas vraiment de scénario. On découvre le héros, qui ne se rappelle même plus exactement de son nom, perdu dans une appartement qui n’est pas le sien, en attente de sortir dans un monde devenu apocalyptique. Pourquoi des hordes de monstres ont-il débarqué sur le monde ? On ne sait pas. Comment le héros en est-il arrivé là ? On ne sait pas non plus, mais il semble que lui également est dans la brume.

Dans certains de vos rêves, un énigmatique homme à tête de carton vous offrira une aide réconfortante

Dans certains de vos rêves, un énigmatique homme à tête de carton vous offrira une aide réconfortante

En proie à des délires, le Lone Survivor évolue dans un monde en perdition qui est peut-être uniquement issu de son imagination. Des flashs et des déformations de son environnement donnent réellement le doute au joueur. Où est-il ? Que lui arrive-t-il ? Les rêves et délires qui le secouent ne sont-ils, finalement, pas des brides de réalité qui reviennent à ses yeux malades ? Impossible à savoir.

Au final, on évolue tout le long du jeu dans une sphère totalement incompréhensible. On a un objectif simple : survivre, et le reste importe peu.

Un Lone Survivor bien tourmenté

Vos agissements seront simples : circuler dans les couloirs et les rues qui bordent votre appartement de fortune, seul refuge sûr dans cet environnement malsain.

Montre géant dans Lone Survivor sur PSN

Certains monstres ne pourront qu’être fuis.

Les nombreux monstres (zombies ? mutants ?) qui vous barreront la route ne pourront être évités que grâce à des cachettes, ou éliminés avec les quelques munitions que la chance mettrait dans votre chemin. Évidemment, celles-ci ne sont pas nombreuses, alors faites les bons choix : les monstres éliminés ne reviendront plus,  mais ce passage demande-t-il à que vous utilisiez 3, 4, 5 précieuses balles ou plus ? Ou est-il plus judicieux d’éviter vos assaillants et faire l’écureuil pour une situation plus périlleuse ?

Surtout que notre héros, même si bien courageux, est une véritable petite nature. Celui-ci vous demandera régulièrement de faire des allers-retours entre votre chambre (facilités grâce à un système de miroirs) et vos explorations pour prendre un peu de repos dans votre nid douillet. Affamé et seul, il ne crachera pas non plus sur un peu de réconfort fourni par un plat chaud et une boisson fraîche.

Inventaire du jeu Lone Survivor

Même si peu regardant sur la qualité, le Lone Survivor vous demandera quantité de nourriture

Si vous n’avez que faire de ses (très) régulières jérémiades, tant pis. Mais ceci changera assurément sa perception du monde, en induisant de nouveaux délires et rêves mouvementés. Je ne puis dire si le manque de sommeil ou de nourriture influe sur sa santé physique outre que mentale, bon samaritain que je suis en essayant de lui fournir régulièrement repos et forces. Peut-être ai-je eu l’impression d’une faiblesse aux assauts des vilains accrue en cas de fatigue, mais ceci n’a peut-être été qu’une impression.

C’est justement cela qui vous donne cet effet d’abandon complet au jeu. Comme le Lone Survivor, vous vous mettez à douter de tout. Mes balles sont-elles plus efficaces une fois reposé ? Est-il plus lent et faible si je ne lui donne pas son pain quotidien ? Cette hallucination est-elle due au manque de nourriture, ou appartenant complètement à la Story Line  du jeu ? Déstabilisant, mais purement jouissif.

Lone Survivor : pour passionnés avides de découvertes

Vous l’aurez compris, on est ici dans le jeu d’auteur, une perle de l’esprit, un bijou de créativité. Pour certains, ce jeu ne sera qu’une série d’actions ennuyeuses et incompréhensibles, qu’il vaut mieux laisser tomber pour retourner à un merdique catastrophique pathétique simple Call of Duty.

Héros du jeu Lone SUrvivor sur PC

Notre héros sera peut-être l’énigme centrale du jeu…

Les amateurs de ce que l’on nomme aujourd’hui le 10e art comprendront réellement mieux l’intensité de Lone Survivor, et la créativité de son créateur, Jasper Byrne.

Entre Pixel Art, ambiance sombre, scénario torturé autant que son héros et frissons bien ciblés, les amateurs du genre se régaleront tout au long du jeu, qui devrait vous tenir en haleine environ 5 heures… du moins pour le premier shot.

Avec ses tourments, ses questions et son besoin de repos comme de nourriture, le Lone Survivor percevra différemment son environnement. Il est alors facile d’imaginer qu’une nouvelle partie en mode “Ferme-là, tu tues et tu bouffes” pas, ou au contraire “Mon pauvre petit bichon, tiens du bon lolo !” changera la donne et votre expérience du jeu, surtout avec cette version Director’s Cut. A bon entendeur…

Merci à l’agence de communication Cosmocover et au studio Curve pour cette version éditeur.

Informations techniques

Développeur : Jasper Byrne
Éditeur : Curve Studios
Date de sortie : Mars 2012 – Automne 2013 (Director’s Cut)
Nombre de joueurs : 1 joueur
Style de jeu : Survival horror 2D
Durée de vie : environ 5-6 h
Prix : 13€ 

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Auteur: Mathieu

Gamer depuis ma pré-adolescence, j’ai pu voir passer de nombreuses consoles, et surtout, tellement de jeux ! Les heures que j’ai pu gâcher sur ces manettes ne l’étaient finalement peut-être pas : elles ont créé des souvenirs, des sensations et une ludothèque de jeux aujourd’hui rétro, mais qui gardent toujours une formidable qualité et offrent de géniales sensations que je vous propose de partager avec ce blog !

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2 Commentaires

  1. J apprécie le jeu mais a la longue la 3D me manque, le réalisme de la 3D me permet de plus m investir dans le jeu!
    On va dire que je suis plus un visuel!! 😉

    Répondre
  2. Jasper Byrne à encore taper fort, les passionnés vont être ravi.

    Répondre

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