Metal Gear Solid: The Twin Snakes

Metal Gear Solid: The Twin Snakes – Gamecube

« L’œuvre d’une dream team. The Twin Snakes est un projet ambitieux, qui réunit de grands artistes : Hideo Kojima de Konami, le célèbre père des jeux Metal Gear, Denis Dyack de Silicon Knight (Eternal Darkness), chargé du moteur graphique et de la réalisation, et Ryuhei Kitamura, l’un des rois du cinéma asiatique, dont le rôle était de dynamiser les cinématiques ».

Voilà comment le Nintendo Magazine n°20 présente le remake d’un jeu culte de la Playstation 1. Est-ce vraiment un projet si ambitieux ? Fait-il partie, à la manière de Resident Evil Rebirth, de ces remakes qui changent radicalement le matériau d’origine pour en faire un jeu encore plus extraordinaire ? C’est ce que laisse entendre ce même numéro de Nintendo Magazine.
Cependant, comme le dit un célèbre duo du FBI des années 90-début 2000, la vérité est souvent ailleurs. Retro-Games.fr enfile sa combinaison et part une nouvelle fois à Shadow Moses pour enquêter sur cette version remake d’un jeu légendaire.

Histoire : Solid Snake dans l’Ombre de Moïse

Le Serpent Solide est de retour sur l’ïle de l’Ombre de Moïse.

Pendant un exercice sur l’île de Shadow Moses près des côtes de l’Alaska, un groupe de soldats génétiquement modifiés, les « soldats génomes », sous le commandement de l’unité Fox Hound se rebellent et prennent le contrôle des installations nucléaires. Le leader de la rébellion, Liquid Snake, menace la Maison-Blanche d’un tir nucléaire si les restes de Big Boss, le plus grand soldat du XXe siècle, et un milliard de dollars ne leur sont pas remis.

À la demande du secrétaire à la défense, Roy Campbell, un ancien commandant de l’unité Fox Hound revient de sa retraite et demande l’aide de Solid Snake, un soldat d’élite, spécialiste de l’infiltration et ancien membre de Fox Hound, pour sauver les otages et éliminer la menace nucléaire.

Un gameplay façon Metal Gear Solid 2 dans un Metal Gear Solid pur jus

Nul ici besoin de revenir dans ce test sur le jeu légendaire qu’était et reste Metal Gear Solid, premier du nom, sorti sur Playstation en 1998. Nous nous attarderons surtout sur les apports, les changements de cette version remake du jeu de base qui ne touche pas aux angles de caméras, à l’histoire et à ses dialogues.

Tout d’abord, le premier changement notable est évidemment au niveau des graphismes. Lors de sa sortie en 2004 de Metal Gear Solid : The Twin Snakes, sept années sont passées depuis la sortie du jeu originel. Forcément, le jeu est beaucoup beaucoup plus beau. Solid Snake et les autres protagonistes ne sont plus des visages cubiques avec pour seuls yeux des traits noirs mais bel et bien des personnages avec des expressions faciales plus réalistes.

A gauche, la version PS1. A droite, le remake sur Gamecube. (Source Youtube : NeoGamer – The Video Game Archive)

Néanmoins, si les personnages et les environnements sont magnifiés par le travail de Silicon Knight, ce remake n’est jamais vraiment à la hauteur de Metal Gear Solid 2 (Playstation 2, Xbox) ou Metal Gear Solid 3 (Playstation 2) qui, selon nous, sont un peu plus fins.

Là où le jeu se démarque surtout par rapport à son modèle, c’est bel et bien au niveau du gameplay. Solid Snake s’est vu affublé de nouvelles méthodes pour s’infiltrer, des méthodes qu’on avait déjà vues dans Metal Gear Solid 2 quelques années auparavant et maintenant intégrés dans Metal Gear Solid : The Twin Snake. Solid Snake peut maintenant viser et tirer en vue à la première personne avec toutes les armes, mettre en joue des gardes pour récupérer les dogs tags, ramasser les corps pour les cacher dans des casiers, faire des roulades pour éviter les balles ou se cacher rapidement derrière un pylône à la vue des regards et tout cela avec une fluidité saisissante.

La vue FPS est un import de MGS 2 et ajoute un plus indéniable au gameplay

Le revers de cette panoplie d’actions tout droit venue de Metal Gear Solid 2 est peut-être de rendre le jeu un plus facile. Il est maintenant possible de gentiment canarder les ennemis de loin avant de se balader dans la salle grâce à la vue à la première personne disponible sur toutes les armes et notamment le tranquillisant. En 1998, même avec le radar, il fallait se rapprocher de l’ennemi pour être certain de le toucher. Dans Metal Gear Solid : The Twin Snakes, il est plus facile de se débarrasser des ennemis à distance sans utiliser toutes les autres possibilités offertes au joueur (il suffit de voir notre live sur ce jeu…).

Malgré tout, les développeurs ont dû sentir le danger et ont amélioré l’IA des ennemis. Les soldats sont plus sensibles aux bruits que vous faites, appellent des renforts avant de rentrer dans une pièce. A l’instar de Metal Gear Solid 2, certains soldats portent même des boucliers pare-balles pour protéger leurs camarades. En somme, si vous êtes repéré, vous allez subir un sale quart d’heure.

Malheureusement, même avec la contrebalance des ennemis renforcés, le jeu donne l’impression d’être plus facile. Le level design de 1998 n’a pas bougé mais on lui rajoute un gameplay des années 2000. Le résultat est qu’au final on se balade dans ce remake commandé par Nintendo.

Hollywood sauce Kitamura

Remake oblige, les cinématiques font l’objet d’une modernisation sur le plan de la mise en scène. Si en 1998, MGS était un précurseur sur ce domaine. En 2004, le jeu paraît un peu faiblard. Pour remettre au goût du jour, Kojima donne le feu vert à Ryūhei Kitamura, réalisateur japonais connu pour Versus à l’époque, de réaliser les cinématiques de ce remake.

Finalement, le constat est mitigé. Si cette modernisation apporte un peu plus d’énergie dans les séquences posées, nous sommes en proie au doute lors des séquences d’actions. Pour vous donner un exemple, dans Metal Gear Solid : The Twin Snakes, Solid Snake saute sur un missile pour faire un salto tout en tirant avec son stinger sur un hélicoptère. Il est vrai que MGS n’est pas un jeu ultra-réaliste mais la suspension de crédulité en prend un sacré coup durant ces passages-là. Vous ajoutez à cela des tics de mise en scène comme des ralentis à la Matrix, du flou répété pour donner un certain cachet à l’esthétique des séquences et on a toute la panoplie du metteur en scène copiant les méthodes de l’industrie hollywoodienne de l’époque.

Tout n’est pas raté. Par exemple, la séquence dans le couloir où Gray Fox tue des soldats est graphiquement intéressante et bien plus puissante que dans la version originale mais ces réussites se font bien plus rares que les moments bien kitsch voir carrément à côté de la plaque. On vous laisse juger par vous-même mais même Hideo Kojima ne souhaite plus parler de ce remake et de ses cinématiques :

De plus, la VF légendaire de la version PS1 est totalement absente. Plus d’Emmanuel Bonami (Solid Snake) ou de Framboise Gommendry (Meryl, Sniper Wolf) pour rendre ces moments « Over the top » bien plus acceptables. L’ensemble est trop sérieux malgré l’idiotie de certaines séquences.

L’autre point qui divisera – ou pas – les fans, c’est la bande-son. Quasiment toute la bande-son a été remixée mis à part quelques exceptions comme « The best is yet to come » de Rika Muranaka. L’ensemble n’est pas toujours heureux mais certains remix comme celui de Psycho Mantis :

ou le main theme de MGS méritent une écoute particulière :

A la rédaction, les avis sont mitigés sur cet OST. A vous de choisir votre camp !

Twin Snakes : meilleur que l’original ?!

Si on accepte ou l’on met de côté les cinématiques et le remix de la bande-son, Metal Gear Solid : The Twin Snakes est probablement la meilleure version à ce jour de Metal Gear Solid. Il est bien plus beau que la version de 1998, il apporte quelques mécaniques de gameplay et des animations venant de Metal Gear Solid 2. En bref, c’est une version quasi-parfaite qui pourrait même plaire à de jeunes joueurs que la 3D balbutiante de la PS1 rebute.

Néanmoins, pour ceux qui ont joué à MGS en 1998, les visages cubiques et la VF légendaire auront toujours une place bien plus importante que cette version liftée pour la Gamecube dans leurs petits cœurs. Cela ne s’oublie pas, un premier amour.

Informations techniques

Développeur : Silicon Knight
Éditeur : Nintendo
Date de sortie : 26 mars 2004
Nombre de joueurs : 1 joueur
Style de jeu : Infiltration/action
Cote au 24/10/2021 : 90€ en complet

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