Dino Crisis

Dino Crisis – Playstation / Dreamcast / PC

Lassé de la série Resident Evil après la fin de la production du deuxième épisode, le grand Shinji Mikami souhaite donner une autre orientation aux jeux d’action/aventure de Capcom.

À la place des zombies, les dinosaures font leurs apparitions dans le jeu qui s’appellera donc Dino Crisis. Surfant sur la mode des dinosaures grâce aux films de Spielberg, Shinji Mikami et son équipe s’appuient sur les bases de Resident Evil pour proposer un jeu où le danger peut venir de partout et où l’ennemi est largement supérieur au personnage joué.

Cette nouvelle itération de la formule Resident Evil a-t-elle passé les années sans encombre ? Rien n’est moins sûr !

Le Jurassic Park à la sauce Capcom

Si le premier Resident Evil de Capcom a marqué l’histoire vidéoludique, ce n’est pas particulièrement pour son histoire mais plutôt par son ambiance, son gameplay ou encore son level design astucieux.  Au mieux, le scénario de Resident Evil passe pour le script d’une série B. Déjà conscient à l’époque des faiblesses de sa série phare, Shinji Mikami souhaite écrire un scénario digne des grands films hollywoodiens. Dans le numéro 34 de Playstation Magazine, on apprend que le scénario de ce Dino Crisis a occupé une part importante du développement de Shinji Mikami.

Pourtant, à la lecture du « synopsis » de Dino Crisis, on doute quant à la réelle volonté de Capcom de donner une histoire digne de ce nom. Dino Crisis peut se résumer de la sorte : « Des membres d’un commando d’élite débarque sur une île inconnue pour retrouver un docteur qui travaille sur une mystérieuse expérience. En arrivant sur l’île, ils découvrent que des dinosaures font maintenant partie de la faune locale et que ces derniers ont très faim de chair humaine ».

Regina est le personnage principal de l’histoire. Chara-design pauvre… On a vu plus charismatique.

Certes, ce résumé est un peu moqueur mais il reste proche de la réalité tant le scénario de Dino Crisis n’a aucune surprise. Les personnages principaux n’ont aucune épaisseur, notamment Regina, pâle copie physique de Leeloo du Cinquième Elément et seul personnage jouable de l’aventure. Gail est un militaire dont le seul but est de réussir la mission. Rick est l’information un peu blagueur qui cherche à sauver sa peau et Regina… c’est Regina. Tous les  personnages sont inintéressants et n’ont aucune évolution au cours de l’aventure.

De plus, l’histoire en elle-même ne s’emballe jamais réellement. Les révélations se font uniquement dans la dernière heure avec un aplomb digne d’un Tricératops complètement malade.

Heureusement, l’ambiance de Dino Crisis ne repose pas uniquement sur son scénario mais par une mise en scène plus travaillée que sur les deux premiers Resident Evil. En premier lieu, les rares cinématiques en CGI sont époustouflantes. Dès l’introduction, voir un Tyranosaure manger gentiment le pauvre Cooper perdu en forêt, pose bien l’ambiance du jeu.
De plus, pour ce Dino Crisis, Shinji Mikami et son équipe ont voulu changer le système de caméra et donc la mise en scène.
Contrairement aux deux premiers Resident Evil, le jeu propose des décors en 3D temps réel avec des caméras fixes – comme dans Resident Evil – mais aussi avec des angles de caméra qui proposent des travellings. Cela apporte plus de dynamisme, surtout lors de certaines phases de course-poursuite entre des vélociraptors et vous. Des vélociraptors et autres espèces du Jurassique qui n’hésiteront pas à vous surprendre au détour d’un couloir alors même quand vous vous pensez en sécurité.

Les Raptors essayeront de vous coincer au fond d’un couloir

Votre palpitant sera parfois mis à rude épreuve. D’ailleurs, ce qui renforce cette ambiance est le moteur 3D qui a passé un petit gap entre Resident Evil 2 et Dino Crisis. Le jeu est plus fin, les dinosaures sont superbement modélisés et, dans l’ensemble, bien animés. Il est seulement dommage de ne pas avoir eu droit à des décors plus variés que des couloirs ou des salles d’un complexe industriel.

En somme, si le scénario ne vole pas bien haut, l’ambiance reste excellente avec la menace nouvelle de ces dinosaures.

Dino Crisis : un Resident Evil chez les dinos ?!

Le problème de ce Dino Crisis est surtout qu’il ressemble trop à son aîné. Le jeu se joue exactement de la même manière qu’un Resident Evil à une exception près : le personnage peut maintenant tenir en joue un ennemi tout en avançant. Cependant, quand vous tirez, vous restez toujours immobile. Pour le renouveau du genre, on repassera.

Là où Dino Crisis se démarque de la licence alors phare de Capcom, c’est dans la gestion des ennemis. Dans Resident Evil, à quelques exceptions près, les zombies sont lents. Dans Dino Crisis, les dinosaures sont véloces et agressifs. L’approche est donc différente face au danger : au lieu de dézinguer tout ce qui bouge, on a plutôt tendance à fuir surtout que les balles restent limitées et que dans certaines salles les dinosaures réapparaissent au bout de quelques minutes.

Pour aider le joueur à faire face à des dinosaures beaucoup plus forts que le joueur, vous avez la possibilité de faire des mélanges de médicaments pour avoir des potions plus puissantes (comme dans Resident Evil une nouvelle fois…) mais vous pouvez surtout améliorer vos armes. Votre pistolet de départ ou votre fusil à pompe pourront être améliorés au fur et à mesure avec des mods que vous trouverez en jeu.

L’énigme des fusibles, un classique vu et revu…

Cependant, il est possible d’en rater certains et de se retrouver à faire tout le jeu avec les armes de départ. Certes, les dinosaures sont forts mais vous pouvez finir le jeu avec l’arsenal d’un Schwarzenegger dans le film Commando. Comme d’habitude dans un jeu de Capcom de l’époque, il y aura des énigmes – un peu trop nombreuses cassant le rythme du jeu – peu intéressantes autour de clefs et de codes à déchiffrer pour ouvrir des portes ou des coffres.

Il y aura beaucoup de « backtracking », et ce jusqu’à la fin du jeu, pour aller chercher un objet ou quelqu’un à l’autre bout de la map.  Heureusement que le level design est astucieux et permet de prendre des raccourcis pour aller plus vite et éviter les monstres.

Conclusion : Dino Crisis, à jamais dans le passé

Malgré de bonnes idées, Dino Crisis ne révolutionne pas le genre…

En somme, malgré une volonté de départ de vouloir se démarquer de Resident Evil, Dino Crisis reste beaucoup trop proche de son modèle. Les mécaniques de gameplay sont semblables et le level design assez similaire même s’il est brillant sur certains aspects. Sur certains points, Dino Crisis est même une régression avec un rythme et une histoire qui ne s’emballent jamais réellement. Alors oui, « l’exotisme » des dinosaures et ce danger qu’ils représentent font mouche durant la première heure mais rapidement on se prend l’envie de revenir aux sources et de jouer à un Resident Evil 2 beaucoup mieux rythmé.

Malgré tout, à l’époque, Dino Crisis fut un succès commercial. Par exemple, lors du premier mois de sa sortie au Japon, le jeu cumula plus de 500 000 exemplaires. Des ruptures de stocks ont même eu lieu lors de la première semaine. Ce succès commercial permettra à Capcom de lancer la production de Dino Crisis 2 pour une sortie en l’an 2000. Un épisode qui s’éloignera du « réalisme » des Resident Evil et du premier Dino Crisis pour aller vers l’arcade. Mais ceci est une autre histoire.

Informations techniques

Éditeur : Capcom
Développeur : Capcom
Date de sortie : 1er octobre 1999 sur PSX / 4 décembre 2000 sur PC / 22 décembre 2000 sur Dreamcast
Nombre de joueurs : 1
Style de jeu : Survival Horror
Durée de vie :  6 à 7h
Côte au 14/07/2021 : 30 euros environ sur PSX,  100 euros environ sur Dreamcast (en Abandonware sur PC)

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