2Dark

2Dark – Steam, PS Store

C’est toujours un petit évènement quand le créateur d’Alone in the Dark et de Little Big Adventure, Frédérick Raynal, sort de son terrier avec un nouveau jeu.  Avec son tout jeune studio “Gloomy Wood”, Frédérick Raynal voulait revenir au genre du survival horror dont il a été l’un des pionniers.  Le but n’était pas de copier les grosses productions comme Resident Evil 7 mais de faire un jeu indé à tendance retrogaming. 2Dark est donc le moyen pour le jeune studio lyonnais de faire revivre le stress et la peur chez les joueurs à travers une prise en main rapide et une ambiance travaillée.  Le pari est-il réussi ?

Bienvenue à Gloomywood, la ville de tous les psychopathes ! Une ville où il fait bon de ne pas y élever ses enfants, comme a pu le comprendre le personnage principal, l’enquêteur Smith. 2Dark raconte son histoire : celui d’un père policier qui part en camping et qui voit sa vie changée en quelques instants. Pendant qu’il tente de monter les tentes, sa femme et ses enfants partent chercher du bois. Le silence puis des cris. Smith retrouve le corps inerte de sa femme au fond du bois et ne peut constater qu’impuissant à l’enlèvement de ses enfants. Quelques années plus tard, désabusé et alcoolique, Smith repart à la chasse aux indices lorsque de nouveaux enfants sont enlevés dans la ville de Gloomywood… Vous l’aurez compris, 2Dark propose une ambiance glauque inspirée des films noirs de l’histoire du cinéma. Dans ce jeu où les personnages sont aussi cinglés les uns des autres, il vaut mieux rester dans le noir pour ne pas finir éventré sur le sol froid d’une vieille bâtisse.

Une enquête dans les méandres de Gloomywood

Pour faire simple, 2Dark est un jeu d’infiltration en vue aérienne avec quelques aspects de survival horror. Le but est d’enquêter à travers six niveaux sur les enlèvements d’enfants et de sauver ceux que vous rencontrerez en chemin. Vous croiserez tout au long des niveaux des gardes, des tueurs en série et autres psychopathes. Smith n’est pas Rambo, le jeu est punitif, alors si vous voulez éviter l’écran “Vous êtes mort”, il vaut mieux la jouer discrète.

L’onde de choc représente les bruits que vous faites et ceux des ennemis… Restez silencieux pour survivre.

L’un des bons points du jeu est la diversité des possibilités pour écarter un ennemi du chemin. Vous pouvez attirer un ennemi dans un coin pour le “backstab” avec l’aide de bonbons. Le “backstab” est l’arme ultime du jeu puisqu’un coup égale une mort certaine. Vous pouvez également les contourner, les enfermer dans certaines cages ou encore les faire tomber dans les nombreux pièges dont recèlent les niveaux. La liste n’est pas exhaustive. Si vous êtes d’une humeur massacrante, le jeu laisse la possibilité de la jouer bourrin avec des armes. Cependant, les munitions sont rares et vous pouvez vite vous retrouver avec tous les ennemis du niveau sur le dos.

Malheureusement, si les possibilités sont nombreuses pour finir les niveaux de 2Dark, le gameplay ne suit pas toujours malgré son apparente simplicité. Tout d’abord, le jeu va faire rugir de colère certains joueurs avec des problèmes de visée importants. Vous pourrez vous retrouver face à l’ennemi et tirer à côté. Les backstab aussi sont sujets aux mêmes problèmes : bien que derrière l’ennemi, vous n’arriverez pas à le frapper pour le toucher fatalement. Dans ces cas-là, la punition pour votre avatar est souvent mortelle.

A gauche, l’inventaire dans lequel vous allez devoir naviguer…

D’autres difficultés apparaissent avec l’utilisation de l’inventaire. Il n’est pas facile dans le feu de l’action de le parcourir et de s’en servir correctement. Les armes ne se rechargeant pas automatiquement, il vous faudra sélectionner l’icône “munitions”, puis rester appuyé sur triangle et la faire glisser sur l’icône de l’arme… On a vu plus simple.

Fear of the dark, fear of the dark

Néanmoins, il faut reconnaître que 2Dark possède une certaine ambiance avec sa galerie de personnages tordus. Le jeu aborde également des sujets comme les violences faites aux enfants, le cannibalisme ou encore la pédophilie.

“Why so serious ?”

Pourtant, ne vous attendez pas à une écriture extraordinaire. L’histoire reste assez basique et finalement peu développée. Malgré tout, la musique de Samuel Safa contribue à instaurer une atmosphère oppressante et glauque. Si vous n’êtes pas rebuté par la DA en Voxel, le jeu possède un certain charme.
Cependant, cette appétence visuelle et sonore est gâchée par des soucis de game design importants.

Saurez-vous voir le piège…

Celui-ci est parfois hasardeux avec notamment des pièges impossibles à prévoir avant de tomber dessus ; l’IA des ennemis peut vous bloquer à la fin d’un niveau et vous faire tout recommencer.

De plus, le jeu n’ayant pas de tutoriel explicitant les mécanismes, les premières heures de jeu peuvent s’avérer difficiles. Cependant, après deux-trois heures, le jeu devient simple, voir trop simple, et les derniers niveaux ne sont plus qu’une ballade de santé. D’habitude, les jeux augmentent la difficulté au fur et à mesure de leur avancée mais dans 2Dark, c’est l’inverse : le pic de difficulté est au début avant de baisser rapidement.

2Dark n’arrive pas à convaincre

… Moi, non.

Pour conclure, 2Dark est un petit jeu avec de gros défauts. L’idée de départ semble bonne mais le joueur ne se sent pas vraiment concerné par ce qu’il s’y déroule. Malgré une utilisation judicieuse des stéréotypes des codes du film noir, l’histoire est cousue de fils blancs avec un final ridicule : le syndrome du “tout ça pour ça”.
De plus, le jeu ne laisse pas au joueur l’opportunité de participer activement à la résolution de l’enquête.

Des situations glauques sont à prévoir

Ce n’est pas que le jeu soit totalement désagréable mais à l’heure où la scène indépendante n’a jamais été aussi féconde, 2Dark est déjà un peu daté.  De plus, la re-jouabilité n’est pas importante malgré le mode défi qui permet de revenir dans les niveaux et de les finir à 100%. Il ne vous faudra qu’une dizaine d’heures grand maximum pour connaître tous des plus sombres recoins du jeu. Le pari de “Gloomy Wood” n’est pas réussi.

Informations techniques

Éditeur : BigBen Interactive
Développeur : GloomyWood
Date de sortie : 10 mars 2017
Nombre de joueurs : 1 joueur
Style de jeu : Survival Horror / Infiltration
Durée de vie : env. 10 h
Cote au 02/04/16 : 24,90€

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Auteur: Antho

Féru d’Histoire et de jeux vidéo depuis ma tendre enfance, j’aime concilier mes deux passions à travers la (re)découverte des titres de notre enfance avec un esprit un brin plus mature. Ardent défenseur de Sega face au “petit artisan” Nintendo, la Megadrive et la Saturn ont bercé ma jeunesse. Oui, “Sega, c’est plus fort que moi”.

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